Pollution aux eaux usées à Sarrault Petit-Bourg

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Station d’épuration de Sarrault

En Guadeloupe, depuis plusieurs mois, voir années, de nombreuses stations d’épuration (très petites, petites ou grandes) sont en dysfonctionnement voir en panne. Elles sont à l’arrêt ou ne fonctionnent que quelques jours par mois. Les eaux usées (c-a-d égout, eau pluviale) sont rejetées sans traitement sur les côtes. Ces rejets peuvent provoquer des dépassements des seuils de pollution durant plusieurs jours.

Les eaux côtières représentent des quantités peu profonde mais capable de diluer la pollution physique (température, particules), chimique (détergent, antibiotique) et biologique (matière organique, bactérie) à l’aide des courants marins et des vagues. L’absence de grandes marées dans les Petites-Antilles limite la capacité des zones côtières à faire tampon aux rejets.

La pollution provoque la diminution de la quantité d’oxygène dissout avec de l’eutrophisation, particulièrement pendant les périodes chaudes (février-août). Sans oxygène les poissons et les herbes marines meurent asphyxiés et la matière organique c’est-à-dire les feuilles, le bois mort, les algues, la matière fécale vont se décomposer en suivant des filières anaérobiques produisant des gaz tel que le méthane (CH4), l’ammoniaque (NH3), le sulfure d’hydrogène (H2S) ou les mercaptans avec des effets sur la santé humaine et l’environnement. Le méthane est un gaz à effet de serre 25 fois plus stable que le dioxyde de carbone (CO2) et le sulfure d’hydrogène provoque des troubles respiratoires et sensoriels (perte de l’odorat) voir la mort en cas de forte exposition. On parle de décès probable pour des concentrations à plus de 500ppm durant quelques minutes ou des problèmes cardiaques avec une exposition quotidienne de l’ordre de 0,05ppm).

Le cas de la station de la place Sarrault dans la commune de Petit-Bourg (voir carte) est inquiétant car à sa panne est associée à des arrivages de sargasses, la présence des effluents d’une seconde usine de traitement d’eaux usées en dysfonctionnement (depuis la Ravine Onze Heure), la présence de zones de mangrove concentratrices de matière organique et la présence de nombreux herbiers marins qui perdent leurs feuilles à chaque forte houle.

Dans le centre de Petit-Bourg, les effets de la panne de la station d’épuration sont surtout olfactifs avec l’odeur des eaux usées associés à la décomposition accélérée des sargasses bloquées et déchiquetées par les vagues sur la côte, dans les zones de faibles profondeurs.

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Station d’épuration de Sarrault

Les taux de gaz comme l’ammoniac et le sulfure d’hydrogène sont fluctuants du fait l’instabilité du vent à la côte et des températures de l’eau de mer et des effluents. Ils dépassent souvent les limites utilisées pour la sécurité au travail.

Les autres effets sont liés à la qualité de l’eau et la présence de bactéries et de toxines. Les bancs sargasse sont des écosystèmes autonomes autour desquelles de nombreuses espèces de poissons prolifèrent attirant les pêcheurs amateurs directement dans le panache des effluents. Le mode de cuisson du poisson aux Antilles généralement à haute température (c-a-d friture, grillade, bouillon) limite les risques d’intoxication mais ne l’annule pas.

Il faut espérer que des mesures seront prises pour assurer la maintenance des équipements environnementaux essentiels et garantir la santé publique. Ou au moins informer les populations, sur les risques et conduites à tenir voir interdit la pêche à la ligne dans cette zone.

TCGNRG (JFD)

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