Meilleurs vœux 2020

Toute l’équipe de TCGNRG vous souhaite une excellente année 2020 à vous et vos proches !

Dans un environnement où tout semble s’accélérer au point de vue physique l’Humain doit rester au centre du problème en interaction forte avec son milieu (l’eau, la terre, l’air et la vie).

Nos peurs ne proviennent que de nos manques de compréhension ou de l’absence de vérité…The Caribbean Geophysical and Numerical Research Group (Le Groupe de Recherche Caribéen en Géophysique et Systèmes Numériques) aide à la compréhension, l’acquisition et la maîtrise des savoirs à l’échelle du globe ou de la ville.

TCGNRG propose des solutions dans des domaines allant de la production eau douce, l’évaluation des énergies renouvelables, la gestion des échouages de sargasses, la pollution marine et atmosphérique et l’atténuation des risques naturelles.

CARISCIENCE 2019 – Guadeloupe -Fr

Du 20 au 22 octobre 2019, l’Université des Antilles sur le Campus de Fouillole en Guadeloupe a organisé la réunion annuelle du CAS (Académie des Sciences de la Caraïbe) et de CARISCIENCE.

La conférence CARISCIENCE 2019 «CARIBBEAN SCIENCE AND INNOVATION MEETING» (RÉUNION DES SCIENCES ET DE L’INNOVATION DANS LA CARAÏBE) a été l’occasion de récompenser Mme S. Haque pour ses travaux important en astrophysique, en recherche de signe de vie dans l’univers et de vulgarisation scientifique pour la jeunesse et via des émissions de télévision.

Cela a été également l’occasion pour le professeur E. Calais de l’ENS de réaffirmer la grande utilité et les besoins des géosciences dans la Caraïbe. Dans son exposé «Research, Training and Innovation in Earth Science: a Caribbean perspective?» (Recherche, formation et innovation en sciences de la Terre: une perspective caribéenne?), Le professeur Calais a listé les principales applications qui peuvent être effectué pour la communauté à l’aide des géosciences. On peut regretter que sa présentation ait porté essentiellement sur les risques naturels et ne mentionne pas son utilité quotidienne et pour la qualité de la vie quotidienne. Quoi qu’il en soit, cette présentation a confirmé indirectement la politique et les objectifs du Groupe de recherche Caribéen en Géophysique et Numérique (The Caribbean Geophysical and Numerical Research Group). Il a de nouveau validé le projet défendu par le TCG • NRG à l’échelle de la zone des Caraïbes.

Les deux jours de conférence étaient centrés sur quatre thèmes principaux: la biodiversité; la santé; l’agronomie; les risques naturels et la chimie.

Les sessions organisées sont listées ci-dessous:

  • Biodiversité et santé;
  • Biodiversité-Chimie;
  • Risque;
  • Chimie;
  • Biodiversité et Agronomie.

La grande diversité de thèmes présentés lors de cette conférence a été l’occasion pour TCG•NRG de présenter des élément de deux études réalisées en collaboration avec des étudiants de campus de UWI Mona et du département de physique de la Faculté des Sciences et Technologies.

Un poster de Alton Daley sur le potentiel énergétique des vagues autour de la Jamaïque: « The First Steps Towards The Realization Of Energy From Oceanic Waves In Jamaica« (Les premiers pas vers la réalisation de l’énergie issue des vagues océaniques en Jamaïque). Alton présente dans cette étude des résultats intéressant de son étude sur Mphil, en particulier l’état de la mer autour de la Jamaïque. L’affiche est accessible sur ce lien

Le deuxième ouvrage est une présentation orale d’une première expérimentation LoRa pour un réseau de capteurs en Jamaïque. Ces travaux font partie des projets Zachary William Mphil et #JamGreenDesal: «Using LoRa P2P NetworkforAutonomous Seawater Quality Monitor for Green Powering Desalination Plant» (Utilisation du réseau LoRa P2P pour le moniteur de qualité de l’eau de mer autonome pour une usine de dessalement écologique).

La première affiche qui doit être présentée avant le changement par l’organisateur lors d’une présentation orale est disponible sur ce lien.

Les travaux présentés lors de cette conférence étaient de bonne qualité et comportaient de nombreux sujets intéressants axés sur la région des Caraïbes. On peut citer la présentation du Dr Dalila Aldana-Aranda sur la conque: «Scientific Cooperation in the Caribbean: Queen conch (Mollusca) as indicator of Climatic Change. »(La coopération scientifique dans les Caraïbes: le lambi (mollusca), indicateur de Changement climatique)

Guadeloupe Sargasses 2019 : Événement International

www.sargassum2019.com

Du 23 au 26 octobre la Guadeloupe organise un événement sur les Sargasses à l’échelle régionale (Amérique – Caraïbes). À huit (8) semaines de cet événement ont faire un point de situation.

Il faut noté d’au moins deux événements ont déjà eu lieu en 2019 sur le sujet dans la zone caraïbe :

  • Regional Sargassum Forum, Mona Campus, Kingston 26 juillet 2019
    sous l’égide du Ministre du Tourisme jamaïcain et du Centre mondial pour la résilience du tourisme et la gestion des crises [Global Tourism Resilience and Crisis Management Centre (GTRCM)]
https://www.sargexpo.fr/

Le peu d’information disponible permet malgré tout de savoir qu’il y aura une foire commerciale Sargass’Expo visant à réunir des exposants autour (par ordre d’importance) de la :

  • télédétection-prévision;
  • collecte;
  • valorisation;
  • stockage;
  • et surveillance sanitaire.

On peut être surpris que la surveillance sanitaire soit ainsi mal placée, sachant que l’impacte principal des sargasses est d’abord sanitaire avec des risques olfactifs (perte complète potentielle de l’odorat), oculaires, cardiaque, respiratoire, intestinaux, etc. En 2018 en Martinique en 31 semaines plus de 8500 consultations liés aux émanation des sargasses ont été dénombrés par le réseau de médecins sentinelles.

Le second événement est la conférence scientifique internationale Sargassum2019 aucune information n’est à ce jour disponible, seul le comité de pilotage a été présenté en 15 avril 2019[]. Le manque d’information (c-a-d appel à communication) et de programme détaillé questionne sur son déroulement et la capacité de produire des informations utiles à l’adresse des populations (riverains, écoliers, travailleur, touristes) et des acteurs économiques impactés (marin pécheur, restaurateur, hôtelier, secteur de la voile).

Le troisième événement qui est en Off de Sargassum2019 est une seconde conférence caribéenne, du 19 au 22 octobre 2019. Elle se situe dans le cadre des rencontres scientifiques et d’innovation de la Caraïbe ‘‘Caribbean Science and Innovation Meeting“. Elle va profiter la présence de certain chercheur sur des sujets comme la biodiversité la santé, les risques naturels, les énergies renouvelables et l’économie circulaire. Cette dernière semble beaucoup mieux organiser, risque de produire des résultats très intéressants.
Date limite d’inscription est fixé au 16 septembre 2019 Contacter l’Université des Antilles (Bureau de la Recherche).

TCGNRG s’interroge sur l’utilité d’utiliser des fonds publiques pour communiquer sur un sujet où très peu voir aucune avancé n’a était faite depuis 2014. Les méthodes utilisées ne sont des ré-emplois, le plus souvent du BTP en opposition à des concepts de protection de la nature et de la biodiversité. Le bon sens aurait peut-être été d’attendre 2020 pour organiser une véritable conférence transversale sur le sujet d’une semaine, laissant le temps aux scientifiques de véritablement se préparer.

Malgré tout TCGNRG propose aux particuliers, aux institutions et gouvernement nos services afin d’expertiser, d’analyser ou commenter les informations, méthodes et équipements présentés au cours cet événement.

N’hésitez pas à contacter nos services : contact@tcgnrg.com

Ramassage de Sargasses à Marie-Galante : juillet 2019

Les arrivées de sargasses fin juillet 2019 ont été très fréquentes en particulier sur la côte Est de l’île de Marie-Galante. La commune de Capesterre est la plus la plus impactée par les échouages, la stagnation et la décomposition des algues du fait de son exposition direct aux courants marins atlantiques et aux Alizés. La barrière de corail située à 500m de la ligne de côte complexifie la circulation des eaux.

Les eaux peu profondes qui entourent la bande côtière urbanisée de la commune (voir carte #1) restent chaudes car peu rafraîchies par les masses d’eaux océaniques qui passent difficilement les chenaux dessinés par le corail. Les périodes les plus favorables au renouvellement des masses d’eaux de ce lagon interviennent durant les fortes houles, où de grandes quantités d’eau pénètrent par débordement (déferlement des vagues).

Carte #2: Position moyenne sur 7 jours des radeaux de sargasses détectés dans l’Atlantique tropical ouest

Ces conditions donnent des eaux le plus souvent peu oxygénées et sensibles aux pollutions. La présence d’une quantité importante de matière organique favorise la décomposition anoxique (fermentation) et la production de gaz toxique tel que le sulfure d’hydrogène (H2S), l’ammoniaque (NH3) ou les mercaptans (Thiols). Les rejets d’eau pluviales et le dysfonctionnement des stations d’épurations provoquent l’eutrophisation de la zone caractérisée par la présence de nombreuses algues vertes et des pollutions saisonnières.

En cas d’échouage de sargasses il est essentiel de ramasser rapidement les algues mortes afin de limiter les risques de pollution atmosphérique et aquatique et d’éviter d’exposer la population à des taux de H2S ou NH3, supérieur aux valeurs d’exposition sub-chroniques respectivement de 0,02 ppm pour H2S et de 0,71 ppm pour le NH3 [HCSP 08/06/2018] pendant plus de 15 à 30 jours.

Ce ramassage bien qu’étant important et urgent, ne peut pas se faire dans n’importe quelle condition et sans respecter des règles. Le 24 juillet 2019 nous avons encore eu un exemple inquiétant des mauvaises pratiques qui sont en cours (voir photo #1 et photo #2)

  • absence de délimitation de la zone de travaux
  • absence de signalisation quant aux risques associés
  • utilisation de machines non-adaptées dans les conditions dangereuses
  • mauvais choix des lieux de ramassage, etc.

TCGNRG peut contribuer à la mise en place de procédures de ramassage respectueuses des sites naturelles, des conditions environnementales, de la sécurité et de la santé publique et des travailleurs. N’hésitez à contacter nos services

contact@tcgnrg.com

#JamGreenDesal Blog #Fr #3

Vert (Green en anglais) n’est pas seulement un mot à la mode, c’est aussi un concept fonctionnel qui tente de combler l’écart entre les lois de la Nature et les activités humaines. Les ressources limitées de la Terre ne peuvent que pousser l’être humain à utiliser de manière plus efficace et plus rationnelle l’énergie, les minéraux et les molécules organiques (matières végétales et animales).

Certaines personnes inconscientes pensent que nous pourrons trouver une deuxième planète à exploiter rapidement, mais cela ne sera pas le cas avant longtemps. Il est préférable de se concentrer sur ce qui est déjà disponible.

#EnergiesVertes #BesoinEnEnergie #EnergiesRenouvelables #Desalinisation #ChangementClimatique #EauPotable

Une enquête est toujours en cours pour mieux comprendre la relation entre la Jamaïque et l’eau douce. Si vous avez 5 minutes et que vous résidez ou avez résidé en Jamaïque, aidez-nous et répondez au sondage sur le lien.

#JamGreenDesal #Fr Blog #2

Le désalinisation est le processus qui permet d’éliminer la majeure partie des minéraux dissous en excès dans l’eau salée (eau de mer, eau souterraine ou lac salé). Plusieurs méthodes sont disponibles: filtration (osmose inverse), thermique ou chimique.

Le Jamaican Green Desalination Project (Désalinisation Verte en Jamaïque) vise à concevoir une installation de dessalement adaptée alimentée par les énergies vertes disponibles en Jamaïque (vent, solaire et vague). Ce second poste présente les principes de base de la désalinisation. Toutes ces méthodes nécessitent de l’énergie pour séparer les minéraux (ex: NaCl, Mg (OH) 2, CaSO4, etc.) de l’eau (H2O).

Une enquête est toujours en cours pour mieux comprendre la relation entre la Jamaïque et l’eau douce. Si vous avez 5 minutes et que vous résidez ou avez résidé en Jamaïque, aidez-nous et répondez au sondage sur le lien

#EnergiesVertes #BesoinEnEnergie #EnergiesRenouvelables #Desalinisation #ChangementClimatique #EauPotable

#JamGreenDesal #Fr Blog#1

Quelques nouvelles: Le projet ‘Jamaican Green Desalination Project’ (#JamGreenDesal) a été officiellement lancé dans sa phase publique. Ce projet est une collaboration entre l’Université des West-Indies de Jamaïque (UWI Mona) et le TCGNRG. Dirigé par Zachary Williams à travers son Master. Pour plus d’informations suivre la page officielle du projet.

Ce projet tente de créer des outils permettant de concevoir une centrale de désalinisation alimentée par des énergies renouvelables (c’est-à-dire : solaire, éolien, énergie des vagues)

En parallèle, une enquête est en cours pour mieux comprendre la relation entre la Jamaïque et l’eau douce. Si vous avez 5 minutes et que vous résidez en Jamaïque, aidez-nous et répondez au sondage sur le lien

https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSc2CE4qNqlVrc5sp3uxKOlZx4khx4jwfT-LVzd8c3ajuvypQg/viewform?usp=pp_url

Sargasses sur la côte ouest de la Martinique

Illustration 1 : Données océanographiques et météorologiques du début juin 2019

Le 1 et le 2 juin 2019 des échouages de sargasses ont été observés sur la côte caraïbe de la Martinique (Fort-de-France, Schoelcher). Ce type d’échouage est rare, depuis 2011 et la sur-abondance de radeaux dérivant de sargasses dans l’Atlantique Nord et la mer des Caraïbes.

Chaque année un ou deux échouages sont observés sur cette côte de Fort-de-France au Prêcheur. Ils n’ont lieu qu’en cas de conditions océanographique et météorologique favorable.

La panne des Alizés ressentie après le passage d’une onde tropicale a favorisé l’action des courants marin de Sud-Ouest. Les bancs de sargasses remontent généralement vers le nord en longeant la côte caraïbe poussés par le vent d’Est et les courants marins. Ce dimanche 2 juin les algues pélagiques ont pu être piégées par les eaux peu profondeurs des criques et des baies.

En deux jours de présence, la décomposition des algues à obligé leur ramassage sur la petite crique artificialisée de Batelière à Schoelcher (200m x 500m), du fait d’émanation de di-oxyde de sulfure et d’ammoniac (SO2, NH3). Cette rapide décomposition peut évidement s’expliquer par l’age des radeaux qui se sont échoués. Mais aussi par les températures de l’eau (27.9-28.5°C) relativement élevé qui diminue les concentrations d’oxygène dissout dans l’eau de l’ordre de 1 à 2 mg par litre et donc la décomposition anoxique (c-a-d sans oxygène).

La qualité des eaux est un autre élément à prendre en compte. Seule la qualité pour la baignade est suivit en continue. La dernière carte, éditée par l’ARS, disponible de (voir illustration 2) indique pour la plage de la Batelière à une qualité ‘bonne’. Cette mesure est trompeuse car elle n’indique que la fréquence de la présence de certaines bactéries d’origine fécale mais pas la capacité de l’écosystème à résister à une pollution anthropique ou naturelle.

Illustration 2: Carte de la qualité des eaux de baignades Martinique 2018

Les eaux de ruissellement lié à cette onde tropicale (donner un nom) à dégrader la qualité de l’eau, sur le point biologique et physico-chimique, rendant la zone plus sensible à la présence de grande quantité d’organisme vivant.

Il est essentiel de tenir plus compte de la qualité des eaux de baignade dans la détermination des zones exposé au risque de pollution par décomposition des algues de type sargasse. Afin de mieux préparer les procédures de ramassage et les équipements nécessaires.

TCGNRG peut vous aider à concevoir de meilleurs cartes de risque de sur-concentration d’algue en fonction des conditions environnementales et de mieux adapter vos procédures de ramassage et de valorisation de la matière organique. N’hésitez pas à nous contacter

Publication sur l’analyse des concentrations d’ozone atmosphérique (03) et d’oxyde d’azote (NOx)

Carte des limite de  la zone d'étude de la pollution 03 NOx
Carte Zone d’étude (Plocoste et al. 2018)

TCGNRG a récemment publié en collaboration avec l’Université des Antilles un article sur la qualité de l’air dans le centre de l’archipel de la Guadeloupe.

Résumé court en français
Cet article présente une étude sur les concentrations d’ozone atmosphérique (O3), d’oxydes d’azote (NOx = NO + NO2) et de leur variabilité dans l’air ambiant sur trois sites d’un archipel en zone tropicale modérément urbanisé. Une analyse statistique a été effectuée sur un ensemble de cinq années de mesure (2008-2012) presque complète (> 80%). Il n’existe que peu d’études sur ces polluants et leur comportement saisonnier dans la zone Caraïbes, où les niveaux de pollution et la configuration des villes sont différents de ceux des mégapoles. Les analyses sont axées sur les variations de polluants à l’échelle du jour, de la semaine et de la saison, en utilisant des données horaires. Les observations montrent que les concentrations de NOx sont plus élevées pendant la saison des pluies, alors que les concentrations d’O3 sont plus élevées pendant la saison sèche. L’amplitudes des variations de l’ozone sont fortement influencées par les conditions météorologiques (température, rayonnement global et vitesse du vent) et les niveaux d’oxyde d’azote. Un effet dit « ozone week-end effect » a été détecté avec une amplitude maximale dans la ville, où l’activité anthropique est la plus faible pendant le week-end. En raison de la nature et de l’origine des polluants, les émissions de NOx présente une plus grande variabilité temporelle que l’O3. Nos résultats démontrent le besoin de mesurer en continue les composés organiques volatils (COV) afin de mieux quantifier leur contribution à la formation d’O3 dans un contexte insulaire où de nombreuses sources naturelles ont déjà été identifiées.

Répercussion de l’étude
L’analyse statistique des cinq années de mesure de concentrations de NOx et d’O3 à été réalisé pour une zone faiblement industrialisée de la région Caraïbes. La qualité de l’air respecte les normes de l’Organisation Mondiale de la Santé pour ces composants, leur distribution spatiale, les sources de pollution et le niveau d’industrialisation. Les observations montrent les mêmes comportements que ceux observés dans les mégapoles mais aussi un fort impact des conditions météorologiques et du trafic routier. Les comportements de O3 ne peuvent pas être entièrement expliqués sans tenir compte des COV. La localisation et le type des Stations de la Qualité de l’Air (AQS) devraient être reconsidérés pour améliorer la précision des mesures de concentration de polluant et mieux comprendre leurs comportements.

Où le trouver
L’article est disponible sur le site de l’éditeur Taylor & Francis
Pour plus d’information vous pouvez nous contacter sur : contact@tcgnrg.com

Ramassage non préparé d’algues sargasses

De nombreuses villes impactées par des échouages de sargasse (Sargassum Fluitans et Sargassum Natans) tentent de réagir face aux différentes conséquences de cette présence de matière organique, vivante ou morte, en grande quantité. Les effets bien que maintes fois reproduits restent mal compris et non maîtrisés. Ils vont de la simple présence d’algues flottantes vivantes qui vont modifier le paysage, empêcher la baignade et/ou la navigation à la décomposition d’algues tassées sur une plage ou un enrochement en anoxie ou anaérobie (manque ou absence total d’oxygène). Ce dernier cas provoque la multiplication de micro-organismes spécialisés dans l’utilisation d’azote ou de soufre pour produire de l’énergie. Il provoque l’émission de bio-gaz tel que le sulfure d’hydrogène (H2S) et l’ammoniac (NH3).

Figure 1 [français]
Fig. 1 : Vue du port de Goyave depuis l’un des quais

Ces deux gaz ne sont qu’une petite partie des gaz émis lors de la décomposition anaérobie de ces algues considérées à tort comme étant toxique. Cette pseudo-toxicité ne dépend que des conditions de fermentation provoqué par les activités humaines. Les risques liés à l’exposition sur de longues périodes à des concentrations inférieures au seuil d’alerte, 5ppm pour le H2S révisé à 1 ppm par le Haut Conseil pour la Santé Publique le 08/06/2018, est sans aucun doute dangereux pour les voies respiratoire et la santé générale. Cela pour les personnes vivant ou travaillant à proximité de ces émanations de quelque mètres à plusieurs kilomètres.

Le ramassage, le nettoyage ou la biorédemption des algues sargasses ou de leurs déchets ne peut s’imaginer à l’aide des méthodes mécanisées classiques du fait de la nature de l’algue : petite ; chargée d’eau de mer et friable en phase de vieillissement. Les zones d’échouages, plages, mangrove, baies sont aux échelles des territoires insulaires caribéens toujours complexes et -écologiquement- sensibles à toutes modifications. L’utilisation d’une pelle mécanique sur des sols non stabilisés, les compresse et modifie les écoulements d’eau, rendant ces sols au mieux inutilisables pour une courte période de temps et au pire sujet à l’érosion.

Il ne sert à rien de ramasser des algues qui repartiront avec la prochaine marée ou de déplacer sable, roche et béton pour les éliminer d’une zone. La préparation de toutes opérations de nettoyage-ramassage-réhabilitation est essentielle. Elle doit comprendre l’adaptation des méthodes de ramassage, le respect des zones à traiter, la capacité à déplacer, stocker et traiter la matière organique ou minérale ramassée, tout en assurant la sécurité et la santé des personnes intervenants et des riverains.

Le cas de la commune de Goyave est un bel exemple. Sujet depuis plusieurs années (2014-2018) à des arrivages d’algues elle reste peu préparer à des opérations de ramassage dans sa petite zone portuaires. La zone de ramassage est un port situé dans une zone de forêt marécageuse fortement anthropisée et servant d’exutoire au réseau d’eaux usées et pluviales (Fig. 1). L’objectif n’est pas ici de jeter la pierre à une commune en particulier car peu de communautés dans le monde sont véritablement préparées à répondre à des sollicitations non permanentes tel que des pollutions de l’eau, de l’air ou du sol.

Figure 2
Fig. 2 : Photo de la mini pelle hydraulique utilisé dans le port de Goyave le 8-9 août 2018 avec godet modifié abîmé

Les récentes opérations de ramassage du 8 – 9 août 2018 le montre bien. La pelle mécanique hydraulique sur chenilles utilisée bien que de petite taille n’est pas adaptée au site et provoque des dégradations (Fig. 2). Le manque de sargasses en surface, en phase de vieillissement ces algues pélagiques perdent leurs flotteurs (pneumatophore) et coulent, a poussé à curé la zone. La non-adaptation du godet au raclage d’un fond rocailleux l’a abîmé (Fig. 2). La boue mélange d’argile, de matières organiques et plastiques ainsi que d’hydrocarbures est stocké sans précaution sur une zone de mangrove (Fig. 3) et dans une zone non surveillée réservée initialement à l’épandage de sargasse (Fig. 4). Le non balisage du chantier et l’absence de panneaux d’information posent des questions pour la sécurité des ouvriers et des passants. Les bio-salissures présentes, boues de décomposition de sargasse et de curage non sèches peuvent émettre des bio-gaz et augmenter localement les concentrations atmosphériques de H2S ou de NH3 (Fig. 5).

Figure 3 [français]
Fig. 3 : Photo d’un tas de boue stocké sur une ancienne zone de mangrove à proximité du port de Goyave

Cette opération de nettoyage n’a certainement eu aucun effet sur les niveaux de pollution atmosphérique les zones de production principales de bio-gaz n’étant pas dans cette zone. Mais elle permettra une meilleure qualité des eaux du port et donc des décompositions des algues sargasse moins impactant. Le coût environnemental, dégradation des biens publiques, pollution des sols et des eaux est par contre prohibitif comparativement aux bénéfices.

Figure 4 [français]
Fig. 4 : Photo d’épandage de boue du curage du port de Goyave sur l’arrière champ de la plage de Viard

Les échouages des algues sargasses doivent pousser à une meilleure organisation et à une meilleur gestion des travaux environnementaux. La complexité des lieux et des systèmes concernés, leur niveau bio-diversité impose une grande rigueur quant aux actions qui vont y être menée. Le TCGNRG* reste à votre disposition pour vous aider à mettre en place des dispositifs durables et adaptés à la gestion et au traitement des échouages d’algues, de matière organique ou de plastique.

Figure 5 [français]
Fig. 5 : Présence de bio-salissure sur un des quais du port Goyave après opération de curage
*Le Groupe de Recherche Caribéen en Géophysique et Système Numérique